Les Franciscains de Cholet
Couvent saint François
57, rue Pasteur
49300 CHOLET
Tél : 02 41 62 06 37
franciscainscholet@laposte.net


La communauté des franciscains conventuels
depuis son arrivée à Cholet

Par Frère Daniel-Marie


1. Un peu d’histoire…
En 2001 un Frère franciscain de la Paroisse Saint Bonaventure de Narbonne écrivit au P. Bruguès lui demandant, lors d’un de ses passages dans le midi –d’où il est originaire- de bien vouloir donner une conférence sur un thème de morale ; ledit frère franciscain avait eu notre évêque comme enseignant à la "Catho" de Toulouse. Dans sa réponse –qui à l’époque fut négative…- le P. Bruguès ajouta un paragraphe qui commençait par « à propos, il me vient une idée folle… » et fit état d’un Monastère du carmel à Cholet qui devait fermer ses portes et qui attendait un repreneur. Pourquoi pas les conventuels. De cette « idée folle », audace inspirée, devait naître notre implantation à Cholet. Quelques visites nous eurent vite convaincus que c’était le lieu que nous cherchions depuis plusieurs années, avec les caractéristiques suivantes : un lieu spacieux pour faire l’accueil des jeunes, une chapelle facilement accessible depuis l’extérieur pour la participation liturgique de laïcs, la proximité d’une faculté catholique pour la formation théologique de nos jeunes, et un couvent non paroissial, contrairement aux deux autres que nous avons déjà en France (à Narbonne et Tarbes).
Deux mots à ce propos : notre famille franciscaine, contrairement aux deux autres existant en France (Capucins et Frères mineurs) ne compte en effet que trois couvents ; complètement décimés par la révolution française, les Frères mineurs conventuels (ou Cordeliers) ne reviendront en France qu’en 1949 ; notre famille est aussi la plus petite des trois (4500 frères dans le monde), même si elle est repérable par sa maison mère, la basilique d’Assise ou d’autres lieux comme la basilique saint Antoine à Padoue, et la figure de Saint Maximilien Kolbe, franciscain de notre temps ; notre famille tient aussi à Lourdes le Pavillon du Père Kolbe ou « Mission de l’Immaculée », lieu d’évangélisation et d’accueil pour groupes ouvert durant la saison des pèlerinages.
La semaine précédent le 21 septembre 2002, les trois frères composant notre communauté actuelle se sont installés dans l’hôtellerie du Carmel : Frère Daniel-Marie, Français et responsable de la communauté ; Frère Emidio Marie, Italien, Frère Joan Butacu, Roumain. Durant ces journées, les Carmélites qui avaient été dispensées du silence nous montraient le « fonctionnement » du Carmel…nous avons ainsi pu entendre… le dialogue des Carmélites… Celles-ci nous remettaient ainsi la structure « clés en main » ; leur souci était bien de transmettre –et gratuitement !-ce lieu de mission à une communauté religieuse, pour que ne soit pas interrompue son identité apostolique.
Il faut aussi insister sur le rôle important joué par les laïcs, fidèles du Carmel, qui en voyant diminuer leur chère communauté carmélite et mis au courant par elles de la nécessité de partir, ont prié assidûment –et même jeûné- pour que ce lieu continue à vivre. Ces mêmes laïcs, et d’autres aujourd’hui, continuent d’entourer notre communauté franciscaine de leur aide matérielle et spirituelle.
Le dimanche 21 septembre, Mgr Bruguès, au cours de l’eucharistie, nous accueillait officiellement. On se rappelle encore de son évangélique provocation, au cours de l’homélie : « Ils ont choisi de vivre uniquement de dons ; je compte donc sur vous pour les nourrir et je reviendrai voir dans quelque temps si vous ne les avez pas laissés mourir de faim… ».

2. « Pauvreté et joie »

Nous ne sommes pas morts de faim ; et nous continuons d’honorer Dame Pauvreté en ne vivant que de Providence. C’est François d’Assise qui honora la Pauvreté évangélique du noble nom de « Dame ». Inspiré par l’esprit chevaleresque, François d’Assise va aller à la conquête de cette noblesse d’âme qui fait que Dieu devient la seule richesse. C’est une conquête, un risque, une aventure, propre à enflammer le cœur et à lui donner ce Feu qui donne sens à la vie ; c’est donc aussi et avant tout un don, le Don de Dieu, plénitude d’Esprit Saint qui remplit l’être comme l’unique nécessaire.
« Pauvreté et joie » : un binôme franciscain qui résonne comme un refrain durant la marche derrière Jésus crucifié et ressuscité ; toute un théologie, une spiritualité, un horizon jamais rejoint, qui fait cheminer dans le « déjà et pas encore » du Royaume…
C’est ainsi que la communauté de Cholet a choisi de vivre de providence : les bâtiments et les frais importants qui en découlent pour la simple manutention et la vie quotidienne, les travaux qu y sont nécessaires pour la mission, la vie des Frères sont assurés uniquement par les dons des fidèles, amis qui ainsi prennent part à la mission de la communauté.
Nous édifions notre vie spirituelle sur trois piliers : prière, fraternité, mission ; ils sont imprégnés des valeurs franciscaines telles que la pauvreté, la joie, la louange…

3. Prière
François d’Assise se posa la question de savoir si sa vie serait uniquement contemplative ou aussi apostolique : c’est dire que la prière était pour lui le fondement de toute mission. Eclairé à ce propos par la prière de deux grands priants, il partit annoncer au monde le débordement de son cœur livré à Dieu. On sait l’impact de sa mission. C’est qu’elle était justement enracinée dans une prière quotidienne, qui élevait son coeur jusqu'à celui de Dieu et constituait un chemin de Lumière pour ses Frères. Il consacrait presque la moitié de son temps à la solitude pour s’unir à son Dieu : quatre, voire cinq carêmes durant l’année, que François pratiquait intégralement, et qu’il conseillait à ses Frères ; ceux-ci, chacun selon ses forces « selon la bénédiction du Seigneur », observaient et observent ces temps de grâce, de conversion : de la Toussaint à Noël (c’est l’Avent franciscain), du temps ordinaire après Noël jusqu’au Carême, le Carême, et les quarante jours qui précèdent la fête des Archanges, où François en 1226 reçut les stigmates, autour de la fête de l’exaltation de la Croix.
Et puis il y a la prière quotidienne, communautaire, et ouverte à tous ; en voici les horaires :

Dimanche

7h30 Oraison
8h30 Office de lectures et Laudes
9h30 Messe
18h00 Adoration
18h30 Vêpres

Lundi - Mardi - Mercredi - Samedi

6h30 Oraison
7h30 Office de lectures et Laudes
8h15 Messe
9h00 Adoration
12h00 Chapelet et Milieu du jour
18h30 Vêpres

Jeudi

6h30 Oraison
7h30 Office de lectures et Laudes
9h00 Adoration
12h00 Milieu du jour et Adoration
17h00 Messe – Vêpres - Adoration
20h00 - 7h00 Adoration nocturne le premier jeudi du mois


Vendredi

6h30 Oraison
7h30 Office de lectures et Laudes
8h15 Messe
9h00 Adoration
12h00 Milieu du jour et Adoration
18h30 Vêpres


Outre ces temps communautaires, chaque Frère a à cœur de trouver d’autres temps et espaces pour nourrir sa propre intériorité et intercéder pour le monde.

4. Fraternité

Quelques mots sur chacun des Frères. Commençons par le plus jeune : Frère Claude Doctoreanu, arrivé en octobre 2005, a été ordonné le 29 mars 2006 en Roumanie, où il est né et a fait toute sa formation, au milieu des nombreux frères de sa génération issue du post-communisme. Dans ce pays majoritairement orthodoxe, les généreuses vocations de ces frères se rendent disponibles pour la mission à l’étranger.  Il participe ainsi, à Cholet, à l'animation des différents groupes qui viennent au couvent Saint François. Il est responsable des « Enfants franciscains ». Homme de prière et d’écoute il est à l’aise aussi bien au confessionnal que sur un terrain de foot où il sait rassembler des jeunes pour une pastorale… qui roule.

Frère Emidio Marie est Italien, de la province des Marches. Il est né en 1958, il a fait sa profession en 1988, a été ordonné prêtre en 1993. Il a fait ses études en Italie, d’abord à Assise, puis à Rome ; son âme missionnaire le pousse à demander à partir au Pérou. Ses supérieurs lui proposent un autre horizon : la France laïque. Frère Emidio accepte ; il arrive en 94 à Narbonne et s’insère dans la communauté naissante (c’est une refondation) qui prend en charge la paroisse et le Couvent Saint Bonaventure. Pendant 8 ans il a été curé in solidum en ce lieu. Il est à Cholet responsable des vocations ; il est à l’origine des fraternités franciscaines adultes et accompagnateur de « l’année Sainte Claire » ; musicien de formation, il donne l’impulsion nécessaire à la louange au Dieu Très-Haut.
Frère Daniel-Marie est l’actuel responsable (« Gardien », selon la terminologie de Saint François) de la communauté ; né en 1957, il a fait sa profession religieuse en 1986, puis est devenu prêtre en 1991.
Après un retour à la foi, il rentre au Couvent de Saint François à Assise où il fait ses études, les poursuit à Rome, est prêtre trois ans en paroisse à Rivotorto (Assise) puis arrive en France pour la refondation de la Province, à Narbonne. Sa mission est essentiellement tournée vers les jeunes.

Depuis septembre 2008 le P. Vital Glaud, du diocèse de Nantes, nous a rejoint pour un temps sabbatique.  Il a passé 12 ans au Centre Spirituel Saint Joseph de Mont Rouge (34 Puimisson). Sa précieuse collaboration comme accompagnateur spirituel lui permettra aussi de se familiariser ultérieurement avec la spiritualité franciscaine dont il est déjà un bon connaisseur.


5. Mission


Elle nous fait revenir à la prière. Chaque matin, le Saint Sacrement est exposé de 9h à 12h ; les mardi, vendredi et dimanche toute la journée ;  comme pour l’adoration nocturne du 1er jeudi du mois, celle du jeudi soir et celle du vendredi midi, la porte extérieure reste ouverte et chacun peut passer pour louer, confier à Dieu ses intentions ; ce temps est aussi dédié à une imploration fervente et confiante pour les familles, l’évangélisation, les vocations.

Notre mission nous a été confiée par l’évêque selon ces quatre points :
1. Etre un signe de vie fraternelle ;
2. Offrir à la ville un espace liturgique conventuel ;
3. Avoir une attention particulière pour les pauvres et les jeunes ;
4. Donner une aide à la pastorale de la ville selon les demandes et nos possibilités.

Dans la tradition franciscaine, l’apostolat se fait autour du Tiers Ordre, aujourd’hui appelé Ordre Franciscain Séculier, qui se compose de Fraternités. L’OFS est régi au niveau mondial par des statuts approuvés par le Saint Siège. Ici, à Cholet, il est composé par les groupes suivants :

  • La « Fraternité Saint Maximilien Kolbe » est celle des adultes (25-45 ans) ; elle est organisée de façon canonique, avec son Ministre, son Conseil ; elle se réunit régulièrement pour des temps de formation, de convivialité, organise la solidarité entre ses membres et à l’extérieur. Beaucoup s’engagent pour la mission au service des plus jeunes (BAFD, BAFA, animation), au couvent ou plus largement (aumôneries, parcours post-synodal, groupes de prière, chorales…).
  • Le « Groupe saint François » est celui des jeunes (17-25 ans) ; il se réunit un week-end par mois, où s’alternent louange, eucharistie, temps fraternels, enseignement, détente.
    Les adolescentes (13-16ans) se retrouvent dans le « Groupe Sainte Elisabeth », une journée par mois, au couvent ou à l’extérieur, dans la joie fraternelle, la prière, l’écoute de la Parole et d’enseignement spirituels.
  • Le « Groupe saint Antoine » est celui des garçons de 13-16 ans ; il se réunit deux fois par mois, en soirée, avec trois WE par an.
  • Le deuxième dimanche de chaque mois voit arriver au Couvent « les Enfants franciscains » : des petits de 6 à 12 ans,  encadrés par des grands jeunes et des parents formés à la pédagogie franciscaine pour cet âge.

Plusieurs fois par an les « Chapitres » (rencontres festives, fraternelles et priantes) réunissent :

  • à la toussaint les 13-25 ans
  • à Noël, les 9-12 ans
  • en février les 13-25 ans.

Et en été deux pèlerinages nous emmènent en France ou à l’étranger.

Les Frères vivent leur mission également par la liturgie, qu’ils essaient de vivre de façon à la fois classique, accessible et belle ; par la disponibilité au sacrement de réconciliation ; par un apostolat régulier ou ponctuel auprès de divers services ou mouvements (aumôneries, CLER, scouts, Service des vocations). Ils se rendent aussi dans les lycées et collèges pour des temps de mission, adaptés à la demande des animateurs en pastorale. Des groupes d’aumônerie, de paroisse viennent aussi pour un ou plusieurs jours en récollection.
Mais avant d’être une activité, la mission est pour nous une spiritualité : c’est une mission fraternelle. C'est-à-dire qu’elle se situe en communion avec le diocèse qui nous accueille et toutes les forces vives qui le composent. C’est un défi vieux comme la première prédication apostolique, qui est celui de l’unité dans la diversité.
Nous demandons au Poverello d’Assise de nous montrer ce chemin de simplicité et de joie dans la communion, qui fait porter du fruit en abondance pour toute la vigne du «Très-Haut et Tout Puissant Bon Seigneur ».
Une feuille de liaison est éditée chaque mois: c'est la cholettre.